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Les plantes dépolluantes dépolluent-elles ?

7/07/2010

L’atelier du 28 juin sur le thème de l’épuration de l’air intérieur par les plantes, organisé par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI), en partenariat avec la faculté des Sciences pharmaceutiques et biologiques de Lille et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), a été l’occasion de faire le point sur le programme de recherche PHYTAIR qui a pour ambition de déterminer, d’ici 2011, la capacité d’épuration des plantes.

L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a organisé le 28 juin un atelier sur le thème de l’épuration de l’air intérieur par les plantes, en partenariat avec la faculté des Sciences pharmaceutiques et biologiques de Lille et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Cet atelier a été l’occasion de faire le point sur le programme de recherche Phytair, lancé en 2004 à l’initiative de l’Ademe et de ses délégations régionales Nord-Pas-de-Calais et Pays de la Loire. Ce programme a pour ambition de déterminer, d’ici 2011, la capacité d’épuration des plantes placées dans des conditions réalistes, concernant la concentration des polluants de l’air intérieur et le volume d’air à dépolluer.

Les études menées montrent qu’en laboratoire, les plantes possèdent des capacités d’abattement avérées vis-à-vis de polluants gazeux tels que le monoxyde de carbone, les COV et le formaldéhyde, par exemple. Plus précisément, il apparaît que l’ensemble substrat/racine/plante possède une action plus efficace que la plante (feuille) seule, grâce aux micro-organismes du sol. Cependant, certains facteurs limitants peuvent réduire l’efficacité potentielle des plantes :

  • température,
  • humidité relative,
  • luminosité,
  • surface, rugosité, densité foliaires
  • équilibre entre les concentrations des substances présentes dans l’air et celles à l’intérieur du végétal,
  • saturation au fil du temps de l’accumulation des polluants à l’intérieur des végétaux...

De ce fait, en l’état actuel du programme Phytair, l’utilisation de plantes en pot n’apparaît pas efficace pour éliminer les polluants de l’air dans les espaces clos, à l’échelle d’une pièce : les caractéristiques d’ambiance des milieux intérieurs (mouvements d’air réduits, température constante, faible hygrométrie, luminosité) n’étant sont pas propices à optimiser les facultés d’accumulation des polluants par les végétaux.

En conclusion, il parait donc prématurée d’utiliser des étiquettes mentionnant les vertus dépolluantes de certaines plantes vendues dans le commerce et d’émettre des recommandations pratiques pour le grand public concernant, par exemple, le nombre et le type de systèmes de biofiltration à installer dans un logement, et leurs conditions d’entretien.

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